Le bardage bois habille et protège votre façade — à condition d'être posé dans les règles de l'art. En France, ces règles portent un nom : le NF DTU 41.2 « Revêtements extérieurs en bois ». Voici l'essentiel à connaître avant de vous lancer.
Qu'est-ce que le DTU 41.2 ?
Un DTU (Document Technique Unifié) est le document de référence qui décrit les bonnes pratiques de mise en œuvre d'un ouvrage du bâtiment. Le NF DTU 41.2 encadre spécifiquement la pose des revêtements extérieurs en bois et matériaux dérivés : lames de bardage, plaques et bardeaux. Sa dernière édition date de juillet 2024.
Le respecter, c'est la condition pour que votre bardage vieillisse bien, ne se déforme pas, ne pourrisse pas prématurément, et pour que la garantie de l'artisan s'applique. La norme vise les ouvrages courants, en neuf comme en rénovation, jusqu'à 28 mètres de hauteur.
1. Durabilité du bois et classe d'emploi
Un bardage est un bois exposé à la pluie, mais qui peut sécher entre deux averses grâce à la ventilation : il relève de la classe d'emploi 3. Le bois doit donc présenter une durabilité suffisante face aux champignons et à l'humidité pour cette classe.
Cette durabilité peut être obtenue de deux manières : elle est soit naturelle (propre à l'essence), soit conférée par un traitement. C'est un critère au moins aussi important que l'essence elle-même.
La durabilité naturelle
Certaines essences résistent naturellement aux agressions extérieures grâce à leurs extractibles (présents dans le bois de cœur, une fois l'aubier écarté). Elles peuvent être posées au naturel pour une pose en classe 3 : c'est le cas du Douglas (purgé d'aubier), du Mélèze, du Red Cedar, du châtaignier, du chêne, ou de certains bois exotiques. Laissées brutes, ces essences grisent naturellement avec le temps.
La durabilité conférée par traitement
Pour les essences peu durables mais économiques (sapin, épicéa, pin), on « confère » la durabilité par un traitement. Les principaux procédés :
Traitement autoclave : le bois est imprégné en profondeur, sous vide puis sous pression, par un produit de préservation. C'est le procédé le plus courant et le plus économique pour atteindre la classe 3 (voire 4). Il donne souvent une teinte verte ou marron caractéristique.
Bois thermochauffé (thermotraité / rétifié) : le bois est chauffé à haute température (environ 180 à 230 °C), sans aucun produit chimique. Ce traitement modifie la structure du bois, le rend plus stable et plus résistant aux champignons, avec une teinte brune dans la masse.
Oléothermie : imprégnation du bois dans un bain d'huiles végétales chaudes, qui nourrit et protège la matière.
Bois modifié (par exemple par acétylation) : modification chimique en profondeur qui améliore fortement la durabilité et la stabilité (procédés haut de gamme type Accoya).
Le choix entre durabilité naturelle et traitement dépend de l'exposition de la façade, du rendu esthétique et du budget. Dans tous les cas : le bois posé en bardage doit être adapté à la classe d'emploi 3.
2. Le pare-pluie et la lame d'air ventilée
Le DTU 41.2 repose sur un principe simple : une paroi qui respire. Derrière les lames, on retrouve toujours :
un pare-pluie continu, posé sur le support, qui protège la structure tout en laissant s'évacuer la vapeur d'eau ;
une lame d'air ventilée d'au moins 20 mm, ménagée par les tasseaux, qui permet au bois de sécher sur ses deux faces ;
des entrées et sorties d'air en partie basse et haute, d'au moins 50 cm² par mètre linéaire, protégées par des grilles anti-rongeurs.
Sans cette ventilation, l'humidité reste piégée : c'est la cause n°1 des bardages qui grisent mal, gondolent ou pourrissent.
3. L'ossature secondaire (les tasseaux)
Les lames ne se fixent jamais directement sur le mur, mais sur une ossature de tasseaux en bois d'au moins classe d'emploi 2, de section suffisante pour recevoir les fixations et garantir la lame d'air :
Pose horizontale des lames → tasseautage vertical simple.
Pose verticale des lames → double tasseautage (croisé) pour préserver la circulation d'air.
4. La pose des lames dans les règles
Quelques valeurs clés à respecter au montage :
Humidité du bois à la pose : de l'ordre de 18 %. On déballe les lames 24 à 48 h avant la pose et on les stocke à l'abri, en pile aérée.
Fixations : en acier inoxydable (A2 mini, A4 en bord de mer), pointes ou vis annelées/torsadées, avec une pénétration d'au moins 30 mm dans le tasseau.
Entraxe des appuis : entre 40 et 65 cm.
Nombre de fixations par appui : 1 pour une lame ≤ 125 mm de large, 2 pour une lame plus large.
Côté esthétique, le DTU encadre plusieurs poses : à recouvrement (clin), à rainure et languette (emboîtement), à claire-voie (lames espacées avec fond de joint ventilé) ou en faux claire-voie (l'aspect claire-voie sans ajour traversant, très prisé pour son rendu contemporain).
5. Garde au sol et points singuliers
La partie basse du bardage doit rester éloignée du sol d'au moins 20 cm (par rapport au sol naturel) pour éviter les remontées d'humidité et les projections. Le DTU traite aussi les points singuliers : bavettes et profils d'égouttement, angles, encadrements de baies, jonctions et arrêts de bardage. Ce sont ces détails qui font la différence entre une façade qui dure 30 ans et une qui se dégrade en quelques hivers.
6. Et l'entretien ?
Laissé au naturel, un Douglas ou un Mélèze grise uniformément : c'est esthétique et sans conséquence sur la durabilité. Pour conserver la teinte d'origine, on applique un saturateur à renouveler périodiquement.
Nos bardages adaptés à une pose conforme au DTU 41.2
Chez Pic Vert Bois Matériaux, nous sélectionnons des bardages dont l'essence et le traitement correspondent aux exigences du DTU :
Bardage Douglas AB Inca CL3 rosé 20x125 (3,5 m) — profil Inca, Douglas durable, idéal pour une pose à recouvrement soignée.
Bardage Douglas rustique 20x135 (4 m) — le charme brut du Douglas, pour un rendu naturel et chaleureux.
Bardage Mélèze Arc Alpin faux claire-voie rustique 26x135 (4 m) — un mélèze alpin durable, au rendu faux claire-voie contemporain.
Bardage Sapin/Épicéa autoclave CL3 marron 20x132 (4,8 m) — traité autoclave classe 3, la solution économique et durable.
Consulter le document officiel du DTU 41.2
Le texte intégral du NF DTU 41.2 est édité par le CSTB/AFNOR et protégé par le droit d'auteur : il n'est pas librement téléchargeable, mais peut être consulté et acheté sur la boutique officielle du CSTB.
➜ Accéder au NF DTU 41.2 sur la boutique officielle du CSTB
Questions fréquentes
Peut-on poser un bardage en sapin non traité ? Non : le sapin/épicéa n'est pas naturellement durable. Pour une façade, il doit être traité (autoclave, thermochauffé…) pour atteindre la classe 3.
Quelle lame d'air minimum derrière le bardage ? Au moins 20 mm, continue, avec des entrées et sorties d'air en haut et en bas.
À quelle hauteur du sol doit s'arrêter le bardage ? Au moins 20 cm au-dessus du sol naturel.
Faut-il obligatoirement des fixations inox ? Oui. L'inox évite les coulures de rouille et résiste à l'humidité de la façade.
Cet article résume les principes essentiels du NF DTU 41.2 à titre informatif. En cas de doute ou pour un chantier spécifique, le texte officiel du DTU et l'avis d'un professionnel qualifié font foi.
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